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ÉGLISE BAPTISTE ÉVANGÉLIQUE de LENNOXVILLE
'' Crois au Seigneur Jésus, et tu seras sauvé '' Actes 16:31
ÉGLISE BAPTISTE ÉVANGÉLIQUE de LENNOXVILLE
'' Crois au Seigneur Jésus, et tu seras sauvé '' Actes 16:31
« L’Église passe par un temps d’anxiété, d’auto-critique et l’on pourrait même dire de destruction-propre. » (Le Figaro, 9 déc. 1968)  Ce message donné pour Noël par le pape Paul VI à un groupe de séminaristes et de prêtres, fut suivi, à Pâques, d’une déclaration alarmante.  S’adressant à plusieurs milliers de pèlerins à la basilique de St-Pierre, le pontife fit entendre un « appel angoissé à la solidarité d’une Église souffrant de la défection et du scandale d’un clergé et de laïcs qui la crucifient. » (Montréal Star, 3 avril 1969)
            L’appel à la prière du pape concernant le « martyre » de l’Église nous fait ajouter foi à de fréquents rapports affirmant que l’Église romaine est, par une révolte ouverte, au bord de la désintégration.  L’édition du Reader’s Digest d’août 1968 contenait un rapport intitulé « La révolution dans l’Église catholique romaine ».  On y lisait : « Ce qui a suivi Vatican II a été appelé par des catholique eux-mêmes « le plus important soulèvement de n’importe quelle branche du christianisme depuis la Réformation ».   Suggérés par le pape Jean XXIII puis encouragés par son successeur Paul VI, des changements qui affectent directement la vie et le culte de presque 600 millions de catholiques – et indirectement l’attitude d’environ un milliard d’autres personnes religieuses dans le monde – sont survenus avec une soudaineté irrésistible.  L’article conclut par ces mots : « Où va l’Église catholique ? » - Question sans réponse claire ».
            Pourquoi cette révolution et où finira-t-elle ? sont des questions que se posent des catholiques romains du monde entier. Durant ces deux dernières années s’est révélée une tendance s’accélérant rapidement et dont l’importance et la cadence actuelles n’admettent qu’une réponse à l’exclusion de toutes les autres.

Lutte pour une domination mondiale

            Le monde entier est troublé  dans une lutte pour la puissance universelle.  Bien que l’observateur moyen soit perplexe devant la multiplicité des dissentions politiques et religieuses qui s’y rapportent, il est certain que tous les évènements actuels ont surgi d’un duel entre deux puissantes idéologies.  Les deux ont un caractère religieux et politique ; toutes deux suivent un modèle, une structure, une fonction et une stratégie parallèles pour la conquête de la puissance mondiale.  Ces faits sont consignés dans un classique de Paul Blanchard intitulé : Communisme, Démocratie et Puissance catholique ».  Il est auteur, avocat et journaliste internationalement connu ; un bulletin officiel a recommandé son livre par ces mots : « Il est probable qu’aucun des aspects des affaires mondiales n’a été plus soigneusement évité par les écrivains américains d’aujourd’hui que celui de la ressemblance fondamentale entre le Vatican et le Kremlin.  La signification de cette ressemblance, pour autant que je sache, n’a jamais été examinée ou interprétée systématiquement.  Les auteurs qui ont mentionné ce sujet en passant, en ont prudemment effleuré les contours, mais ont évité de s’attarder sur les faits primordiaux ». 
            En 1951, époque ou ces lignes furent écrites, l’Église catholique romaine et le communisme étaient considérés comme ennemis mortels et éternellement irréconciliables.  Certains documents du pape, des rapports d’Église et une vaste quantité d’écrits réprouvaient la philosophie et la propagation du communisme.  L’Église se proclamait le plus grand bastion du monde libre dans la lutte contre cette puissance.  Ainsi en était-il il y a 18 ans.  Maintenant approximativement la moitié de la population mondiale se trouve soit sous la complète domination d’une dictature de gauche, soit en grand danger de l’être.  Le reste du monde libre occupe une position bien précaire à cause de la profonde pénétration du communisme dans le domaine national. L’Église catholique même va devenir une victime de cette infiltration et apparaître bientôt comme un partenaire réactionnaire et religieux de l’ennemi politique qu’elle a autrefois cherché à détruire.

Le libéralisme catholique romain

            Un prêtre catholique romain, Raymond Ruscitto, écrivait le 10 octobre 1968 dans le « Central California Register » : « Aujourd’hui, les étudiants, souvent des meilleurs familles, sont aisément aiguillés par des chefs communistes vers des organisations de gauche.  Le libéralisme et le socialisme sont précisément des forces qui cherchent à obtenir le contrôle de la pensée catholique.  Le thème d’à présent, c’est celui de « l’amour » et de la « coexistence pacifique ».  Traditionnellement, l’Église a fait opposition, a condamné à la fois le libéralisme et le socialisme.  Toutefois, en ce moment, il y a, dans l’Église même, des gens qui acceptent et qui approuvent le  socialisme et le libéralisme.  Avec le temps, nous apprendrons quel sera l’issue finale de cette situation mais si la tolérance actuelle dans l’Église continue de se manifester, je prédirais volontiers pour mon compte que la vraie Église se perdra dans l’organisation d’un socialisme mondial et d’un Conseil mondial des Églises, car elle est trop prête à utiliser l’interprétation libérale de l’œcuménisme d’aujourd’hui comme jalon vers la puissance universelle dans le gouvernement et la religion.  Et je crois fermement que ce sera un libéralisme catholique qui promouvra de tels résultats ».
            La libéralisation de l’Église romaine a fait une grande avance.  Le prêtre jésuite français, Teilhard de Chardin, est mort en 1955.  Il a laissé derrière lui un grand nombre de livres, d’études et d’essais qui ont allumé de féroces controverses dans son Église et on l’a surnommé « Le St-Thomas d’Aquin de notre siècle ».  Ses instructions sur l’évolution, sa négation du péché originel, etc. ont secoué le Vatican II.  Mais à l’Exposition universelle de Bruxelles, son portrait figurait au pavillon du Vatican dans une galerie des plus grands hommes du siècle.  Il est acclamé par les communistes et l’un de ses livres a paru à Moscou.
            Le pape Pie XII a promulgué une encyclique en 1950, « Humani Generis » qui autorisait explicitement l’Église à lancer des étudiants catholiques dans une étude de l’évolution.  Le « Newsweek » du 22 août 1966 a donné le résultat de cette libéralisation.  Lorsque Paul VI convoqua une douzaine de théologiens et de savants catholiques romains au Vatican, le mois dernier et leur demanda de résumer les conceptions modernes du péché originel, les conclusions qui lui furent rapportées durent provoquer un réel choc en lui.  Car le pape ignorait, de toute évidence, combien facilement les érudits ecclésiastiques acceptaient la théorie de l’évolution et rejetaient la vérité du récit de la Genèse et du jardin d’Eden avec son drame de la  rébellion d’Adam et Ève contre Dieu… »
Infiltration communiste

            De puissant éléments de gauche, avec également des cléricaux et des laïcs, travaillent intimement avec les libéraux à travers le monde, bien que fortement retranchés derrière eux.  La diffusion des éléments libéraux et communistes dans le toute l’Église romaine est en réalité la vraie et seule explication logique des rapides changements virtuellement révolutionnaires qui interviennent maintenant dans sa structure.  Le plus responsable de ces changements est le défunt pape Jean XXIII.  Son encyclique libérale, « Pacem in Terris » appelait un gouvernement mondial, le désarmement et le socialisme – programme identique à celui du communisme international.  En fait, le communiste, dont l’athéisme est une doctrine de base, a accordé à l’encyclique de Jean XXIII une très grande faveur.  Sans attendre l’avis de Moscou, la plupart des partis communistes de l’Europe occidentale ont acclamé l’appel du pape pour la paix et le désarmement.  L’encyclique et sa réaction sont symptomatiques quant au nouvel esprit qui se développe entre le communisme et le catholicisme romain.  Il devient de plus en plus clair que dans les six derniers mois, le Vatican a fait l’essai d’une nouvelle approche du communisme, montrant de l’empressement à s’entretenir avec lui de sujets non-théologiques.  Le bloc soviétique de son coté, a manifesté le désir de s’approcher de l’Église d’une façon moins hostile.  Sans mentionné toutefois le communisme, cette encyclique dit que, dans certaines conditions, les catholiques pourraient travailler avec des personnes rejetant la doctrine catholique.  Il a ajouté dans son encyclique que des mouvements politiques changeaient avec le temps bien que les bases philosophiques demeurassent les mêmes ». 

Alarme du catholicisme romain

            L’élément traditionnaliste ou conservateur dans l’Église romaine s’est alarmé depuis bien des années. Sa réaction a forcé le Vatican à envoyer, le 6 juin 1963, une lettre intitulée « Le mouvement pour la paix » à tous les membres de la hiérarchie française.  Cette lettre révélait qu’un programme communiste s’élaborait au sein de l’Église romaine obtenant un succès inquiétant, et mentionnait qu’il existait un mouvement de « paix » travaillant activement parmi les catholiques français ou d’ailleurs dans le monde libre.  Certains passages de cette lettre étaient du cardinal Wyszinski de Pologne : « Ce mouvement reçoit ses directives et ses ordres du parti communiste, de la Police secrète et du Bureau des affaires religieuses ».  Le mouvement de la « paix » s’identifie avec un certain « Mouvement catholique progressiste » ; il est soigneusement établi, extrêmement bien financé et nous fournit l’un des deux indices principaux pour comprendre le changement radical qui s’opère dans l’Église romaine du monde entier.
            Ce mouvement a son origine dans l’application des principes de Lénine qui a dit : « Afin d’abolir la religion, il est plus important de fomenter la guerre, la lutte des classes dans le sein de l’Église plutôt que de s’attaquer de front à la religion ».  La lettre du Vatican donnait des détails sur la stratégie employée ainsi : « Provoquer des divisions en formant des cellules de désunion parmi les fidèles, tout spécialement dans le clergé séculaire et les membres des ordres religieux.  Il faut diviser les évêques en deux blocs : les « intégristes » et les « progressistes » ; dresser les prêtres contre les évêques ; provoquer des divergences imaginaires entre les « réactionnaires » et les « progressistes ». N’attaquez jamais l’Église de front, mais toujours pour son propre bien, attaquez ses structures vieillies et les abus qui la défigurent.  Si nécessaire, donnez l’impression d’être plus catholique que le pape.  Au moyen d’habiles manœuvres secrètes, formez dans les cercles ecclésiastiques des cellules de prêtres insatisfaits, afin de les attirer dans le climat fertile de la lutte de classes.  Créez une adaptation lente et patiente par l’infiltration de nouvelles idées dans celles qui sont traditionnelles.  L’ambivalence de certains termes qui ont diverses significations (progressivisme et intégrisme, ouvert et fermé, démocratie, socialisme, etc.) aident à créer des ambiguités.  En résumé, il ne s’agit pas de liquider l’Église, mais de la préparer par une fragmentation intérieure à servir la révolution communiste ».

Succès en Amérique du Sud

            Cette stratégie a remporté un énorme succès dans l’Église romaine au travers du monde libre.  En Amérique latine, l’Église est en train de devenir rapidement une force réelle pour l’extrême gauche.  La situation est devenue si sérieuse au Brésil qu’un million et demi de personnes ont signé une lettre en septembre dernier et l’ont envoyée au pape.  Cette lettre affirmait qu’il y avait une puissante infiltration communiste dans l’Église romaine et que des prêtres travaillaient à faire de l’Église une arme provoquant une vaste agitation afin d’abolir le gouvernement et l’armée et de créer une dictature à main de fer.  (Gazette de Montréal, 14 septembre 1968)  L’une des principales cibles de cette lettre était l’archevêque Don Camara et poussait le pape à agir contre les prêtres progressistes et les laïcs favorables au communisme.  Le nombre de ces prêtres a augmenté de façon dramatique ces deux dernières années. Utilisant l’encyclique de Paul VI « Le développement des peuples », ils tendent à devenir anti-capitalistes et pro-marxistes.  Le pape ne plaide pas pour la violence, mais il ne la condamne quand même pas formellement lorsqu’il dit : « Recourir à la violence comme moyen de justifier les atteintes à la dignité humaine représente une grave tentation ». 
            George Anne Geyer, journaliste et critique en Amérique latine a écrit ceci : « Des prêtres catholiques, autrefois dits « Enfants de l’Agneau » deviennent en grand nombre de violents révolutionnaires afin de transformer les vieux systèmes sociaux et économiques démodés.  Les théoriciens catholiques, principaux soutiens du capitalisme latin-américain naguère, deviennent de dramatiques anti-capitalistes.  Et les penseurs catholiques qui voyaient autrefois dans l’athéisme communiste leur principal ennemi, en sont venus à dialoguer avec des marxistes dans une intimité grandissante.  La révolution catholique se développe si rapidement et avec de si nombreux adhérents qu’on peut actuellement véritablement lui donner le nom de révolution dans la pensée, l’action et les faits. (Toronto Daily Star, 4 mai 1968).

L’annexion de Cuba

            D’étranges choses se sont passées à Cuba où deux anciens ennemis se font maintenant face ouvertement : l’Église romaine et le communiste Fidel Castro.  En avril 1967, on pouvait lire dans la publication « The Wanderer » de St-Paul, Minnesota, ce qui suit : « L’explication du cardinal Wyszinski au sujet de « Paix » n’était pas destinée en premier lieu à avertir les catholiques de Pologne … qui, selon son propre témoignage sont déjà avertis … mais à être une mise en garde pour les catholiques de France et le reste du monde libre. En tout cas, ses explications arrivaient opportunément pour confirmer les dirigeants communistes dans leur propos d’annexion de l’Église de Cuba ; ses citations avaient été publiées bien une année auparavant par la Fondation Cardinal Mindszenty ».
            Le premier ministre Fidel Castro qui a interdit tout travail missionnaire évangélique et massacré beaucoup d’ouvriers indigènes a maintenant informé les États-Unis qu’il fallait s’inquiéter des catholiques révolutionnaires d’Amérique latine.  En 1967, il était présent à la Nonciature de La Havane lors d’une réception pour féliciter Mgr.Cesare Zacchi de sa nomination comme évêque.  Emmanuele Clarizaio, évêque libéral, était aussi là ; il était intervenu au moment de la révolution dominicaine. Il fut nommé délégué apostolique au Canada en 1967 et vint d’Ottawa pour procéder à l’investiture de l’évêque Zacchi.  L’évêque italien Zacchi, quant à lui, a affirmé publiquement que Castro possède une éthique chrétienne, même si, théologiquement son idéologie ne l’est pas.  Il ajouta que, puisque la classe moyenne des prêtres et des catholiques étaient partis, n’ayant pas compris la révolution, les catholiques qui restaient devaient prendre part à la révolution communiste. (Toronto Daily Star, 4 mai 1968).
            On entend des remarques pareilles à celles-là tout au travers de l’Amérique latine.  L’évêque Eugenio Sales, instigateur du mouvement libéral catholique au nord-est du Brésil, est venu à Cuba et s’en est retourné en chantant les louanges de ce qu’il avait vu dans le pays.  Rafael Garcia Herreros, prêtre colombien, bien connu pour ses émissions à la radio, dit encore : « Fidel Castro pourrait être un bon chrétien ; il a une foi profonde dans le progrès de son pays, de son peuple et aussi dans la libération sociale de l’homme, ce qui est un aspect de la foi en Dieu et est d’un bon chrétien. ( Toronto Daily Star, 4 mai 1968)
            Ce qui précède symbolise l’établissement d’un dialogue et de relations cordiales entre les communistes et l’Église romaine dans des pays qui n’était pas considérés par le Vatican comme loyaux à ses institutions.  Examinons à présent la situation dans une région appelée autrefois par Pie XII « le pays le plus catholique du monde ».  Il est peu probable que ce pape modéré reconnaîtrait aujourd’hui le Québec comme pays catholique, province qu’il a prise presque comme refuge durant les élections italiennes en 1956.
L’histoire du Québec
Il est inutile de dire que le Communisme international a voué une attention spéciale à l'Église romaine du Québec. Le Manifeste du parti communiste du Québec adopté lors du se­cond congrès à Montréal, en décembre 1967, contient ces lignes:
L'église
Comme dans la plupart des pays catholiques, de grandes forces sont à l'œuvre cherchant à adapter l'Eglise aux changements révolutionnaires qui prennent place dans la société. Ceci s'est manifesté par le support donné aux grèves ouvrières lorsque la question nationale était en cause. Le fait que le clergé accepta la création d'un ministère de l'Éducation, même s'il insista pour un contrôle religieux considérable, indique les changements qui prennent place dans l'Eglise. L'attitude du pape Jean XXIII sur la coexistence pacifique entre les pays socialistes et capitalistes et son attitude sur l’œcuménisme ont été favorablement accueillies au Québec.
La crise au sein de l'Église s'approfondit au Québec. D'un côté, on voit les actions de l'abbé Falardeau et quelques autres prêtres qui organisent les pauvres et les emmènent à la lutte pour leurs besoins essentiels. Au lieu de se faire exiler, comme le voulait son supérieur, il vient d'être promu, son champ d'action sociale élargi par l'Église à l'échelle de tout le diocèse de Montréal.
La revue dominicaine "Maintenant" s'est exprimée publiquement pour l'indépendance québécoise ainsi que sur plusieurs questions sociales.
En outre, le cardinal Léger, connu comme un partisan de l'adaptation de l'Eglise aux exigences du monde actuel, a démissionné pour devenir missionnaire en Afrique. En essayant d'expliquer sa démission, le cardinal a mentionné deux facteurs entre autres - la crise au sein de l'Eglise, qui reflète la crise du monde occidental en général. Ne pouvant plus faire face à ses responsabilités comme prince de l'Eglise dans de telles circonstances, il voulait donner un exemple en se rendant en Afrique comme simple prêtre missionnaire.
Tout cela veut dire que c'est la tâche de tous les Communistes d'entrer beaucoup plus vigoureusement en dialogue avec les Catholiques du Québec qui sont prêts à mener une lutte dans les intérêts des classes dépossédées et pour lutter ensemble contre les forces d'exploitation et de dégradation de notre peuple.
La coopération et la participation des croyants dans les luttes contre les monopoles, de concert avec les non-croyants, est un fait de la vie quotidienne au Québec. Les différents idéologiques ne doivent pas nous empêcher, de travailler ensemble pour l'émancipation de notre peuple. Les croyants peuvent devenir membres de notre parti."
Le zèle d’autrefois au Québec
Il y a 15 ans, le Québec était le modèle du catholicisme romain. On avait confiance et on respectait l'Eglise et le clergé. Il était difficile de trouver un Canadien français doutant des enseignements de l'Eglise. Il n'y avait virtuellement aucune critique de l'Eglise dans la presse ou à la radio. Les stations de radio accordaient une large place à l'Eglise dans leurs programmes de chaque jour. Pratiquement, tout le monde assistait à la messe les dimanches et les jours de fête. La période du Carême était fidèlement observée et beaucoup suivaient volontairement les diverses formes de pénitence. On pratiquait l'abstinence totale les vendredis, dimanches et d'autres jours encore. La prière journalière selon le rosaire se faisait en famille. Des statues, des images, des cierges et d'autres objets de dévotion étaient exposés, nombreux, dans les églises, les écoles et les foyers. Les écoles se trouvaient entièrement sous le contrôle de l'Eglise. L'éducation en a souffert et la jeunesse était mal préparée à servir une société moderne, scientifique et compétente. Les manuels scolaires étaient remplis des symboles de la vie de l'Eglise. Le catéchisme était une branche majeure et obligatoire. Son instruction précise et dogmatique formait un peuple entraîné à fond dans la foi catholique. L'obéissance aux lois de l'Eglise était une chose évidente. En tête s'alignaient ceux qui respectaient le planning familial et la plupart des parents caressaient l'espoir qu'au moins un des membres de leur famille deviendrait prêtre ou nonne.
Durant cette période, la Bible, pour la plupart des catholiques, était synonyme de protestantisme. Lire la Bible signifiait être protestant. Celui qui lisait la Bible était immédiatement suspecté d'hérésie. Si une famille ou une personne citait ou se référait à la Bible, elle était considérée comme sujette à quitter l'Eglise. Du moment que le clergé eut réalisé qu'il y avait une association entre le fait de lire la Bible et celui de mettre au grand jour ses traditions et ses procédés, la Bible devint d'objet de son attention très spéciale. Il en résulta que dans tout le Québec on apprit que la Bible était brûlée aussi bien publiquement qu'en privé. Confessionnal, retraites privées, conseils personnels et prêtres dominicaux, tout servait à avertir le peuple des "dangers" de la Bible.
La nouvelle vague
Alors survint un grand dégel. Et d'où vint ce soudain réchauffement? Il y eut plusieurs sources. La nouvelle Faculté des Science sociales de l'Université de Laval décerna des grades à des hommes à pensée libérale. Dans les années 1940, l'Eglise avait maintenu un strict contrôle sur le travail au Québec au moyen de sa Fédération catholique, mais des éléments de gauche commencèrent à y faire pénétrer avec succès quelques-uns de leurs groupes. Le "Macleans Magazine" du 22 janvier 1966 citait le nom de Jean Marchand, membre de l'actuel cabinet Trudeau, comme un exemple: "Bien qu'homme de gauche — du moins un vrai — il était un leader tenace et pragmatique. Lui plus que quiconque, transforma les unions canadiennes- françaises soi-disant nationales, dociles, formant une société centrée sur l'Eglise, en organisations militantes qui discutaient fort, élevaient le niveau des salaires et de temps en temps provoquaient des grèves victorieuses. L'entrée d'unions puissantes sur la scène du Québec, contrôlées par des éléments de gauche, a hâté le processus."
Mention doit être faite de l'Union générale des étudiants du Québec. Elle fait partie de l'Union internationale des étudiants contrôlée par les communistes et a des liens directs avec Pékin, Moscou et La Havane. Le corps des étudiants du Québec a ouvertement déployé des drapeaux marxistes et des slogans pendant les différentes émeutes de Montréal. Finalement des publications de gauche ont commencé à paraître. Le Premier ministre Trudeau, d'accord avec l'un des membres de son cabinet, Gérard Pelletier, introduisit le journal "Cité Libre" qui fut utilisé comme initiateur de "La tranquille révolution." Il faut encore mentionner d'autres journaux de gauche, tels que "Le Nouveau Journal" et "Parti-Pris."
La fièvre de l'œcuménisme commença. à l'intérieur de l'Église dans les années 1950. Le Concile mondial des Eglises — composé principalement de groupes protestants dont la déviation envers la vérité biblique a été si totale qu'ils se trouvent en dehors du christianisme — avait suggéré une fusion avec l'Eglise romaine. La perspective de cette fusion, ou comme il apparaît maintenant, l'absorption du protestantisme libéral par l'Eglise et avec l'assentiment de la papauté s'est révélée être un vin capiteux pour la hiérarchie romaine du monde entier. Ce fait a probablement été le facteur principal pour amener une transformation radicale dans l'enseignement catholique. Les principaux sujets de conversations et d'articles écrits devinrent l'œcuménisme et les moyens stratégiques pour y introduire d'autres Eglises. Le Concile œcuménique de Jean XXIII n'a été que le point culminant des plans orientés vers l'unité de l'Eglise. Le programme stratégique avait déjà été mis au point pour rendre l'Eglise catholique acceptable par des millions de non-catholiques, des églises spirituellement mortes, et le protestantisme libéral et apostat.
Changements rigoureux

De toute évidence le nouvel habit avait besoin de passer par les mains d'un tailleur avant de pouvoir être accepté par les non-catholiques ayant reçu une certaine forme d'instruction biblique. De nouveaux catéchismes apparurent soudain et les catholiques du Québec en virent le premier exemplaire en 1964. Le Québec s'était adressé à la France libérale afin d'obtenir un président pour sa Commission royale de l'éducation. Mgr. A. M. Parent envoya ses différents membres dans plusieurs pays, la Russie y compris, où ils passèrent six semaines en études intensives. (La Tribune, 12 mars 1966)
La population "modérée" eut un véritable choc en apprenant les résultats de ces études. Les récits de la création et de la chute avaient disparu. Les enseignements familiers sur la divinité de Christ, l'inspiration des Ecritures, la naissance miraculeuse de Christ, la pénitence, le purgatoire et bien d'autres articles de foi du catholicisme romain, n'existaient plus. Vers 1965, les statues commencèrent à disparaître des églises; il n'y avaient plus de prières adressées aux saints et les messes chantées en latin devinrent rares. Des couvents strictement cloîtrés furent ouverts; on laissa tomber beaucoup de commandements d'Eglise; certains exercices religieux cessèrent et une grande clameur s'éleva afin de réduire ou même d'abolir l'enseignement religieux dans les écoles.
La confession auriculaire est en train maintenant d'être remplacée par la confession générale et la participation à la messe le dimanche est compensée par une brève apparition le samedi. Pour compléter ces changements, des orchestres et des "go-go girls" font à présent partie de la messe. Ce qui surprend dans tout ceci, c'est le sans-bruit, la rapidité et l'absolue profondeur avec lesquels ces changements se sont produits. A l'exception de quelques endroits isolés (Beauce, Gaspé et Lac St-Jean) l'influence œcuménique et libérale ont provoqué une complète révolution au sein de l'Eglise catholique au Québec. De ce fait, l'intérêt des gens pour le culte a terriblement diminué. On annonça au public le 2 avril 1969 que cent églises catholiques romaines pratiquement vides allaient être démolies dans le diocèse de Montréal.

Bibles enjolivées
Le vêtement œcuménique et libéral était complet sauf pour une chose, la Bible. Au début des années 1950, l'Eglise introduisit prudemment ce qui semblait être un mouvement biblique et beaucoup saluaient cela comme l'aurore d'un nouveau jour, une réformation au 20ième siècle. La direction de ce travail fut en grande partie accomplie par un prêtre du nom d'Henri Roy. Des organisations et des publications firent de la publicité en faveur de la Bible. Un groupe fit soigneusement le tour de la Province avec une camionnette sur laquelle on pouvait lire en gros caractères: "Messagers de la Bible catholique." La commission de l'école catholique commença la distribution d'un Nouveau Testament en 1953; plus d'un million d'exemplaires se trouvent actuellement en circulation de sorte que l'on peut en trouver dans de nombreux foyers du Québec devenu ainsi une province enjolivée par un livre - la Bible. Néanmoins le résultat est décevant. Le clergé n'est toujours pas familiarisé avec la Bible ou son contenu. Il n'y a pas d'études bibliques et les textes employés souvent perdent leur sens au travers d'une explication libérale. Ainsi, c'est une réalité tragique que le message de la rédemption par la foi dans le sang de Christ demeure scellé dans les couvertures des bibles au Québec.
Étonnant succès
La stratégie de l'infiltration, de la libéralisation et de la neutralisation de l'Eglise romaine telles qu'elles sont esquissées dans "Paix," ou le "Manifeste communiste du Québec" et encore d'autres documents tels que les écrits du diplomate de la Chine rouge, Li Wen Han, s'accomplissent avec une précision étourdissante. L'aile "modérée" a reçu son coup mortel et l'Eglise se prépare rapidement à jouer son role de collaboratrice du Parti communiste. Il y a 30 ans, les Jésuites possédaient des stocks de pamphlets anti-communistes à Montréal; toute cette littérature a été détruite. L'auteur de ces lignes a fait une enquête dans 26 paroisses des villes de l'Est en 1968: les prêtres consultés gardaient une attitude légèrement favorable ou prudemment réservée envers le communisme. Un coin a été enfoncé entre l'Eglise et le Vatican. Peter Norson, employé d'une maison de publicité, a déclaré par écrit son approbation pour l'attitude de M. John G. Diefenbaker faisant opposition au Premier ministre Trudeau qui désirait établir des relations diplomatiques avec le Vatican; voici ce qu'écrivait P. Norson: "Comme catholique pratiquant, j'aimerais vous remercier ... la cause de la vraie religion n'est pas favorisée par une action politique ou ecclésiastique augmentant les biens temporels du Vatican. Je puis vous assurer que n'importe quel catholique libéral et même beaucoup de nos évêques partagent cette opinion, bien qu'il soit parfois périlleux de l'exprimer." (Montréal Star, 8 mars 1969)
Du crucifix à  HOH CHI MINH
L'histoire communiste à succès qui suit est relatée dans tout le Québec avec ses symboles, excepté un feu réel. "Marie, Reine du Monde" est l'une des 26 paroisses catholiques de Sherbrooke. L'auteur de cet écrit a personnellement visité chacune des familles la composant et a fait plusieurs tournées au presbytère. Le Rév. François Casey est devenu son chef spirituel en 1956; il est un terme traditionaliste, un prototype virtuel du romanisme modéré. En 1966 le mouvement libéral et progressiste avait obtenu assez d'influence pour qu'un nombre suffisant de familles fassent une pétition et demandent le déplacement du Rév. Casey. Ce fut fait et un libéral prit sa place. Des réunions de groupes commencèrent à être organisées comme l'exposait le plan dans "Paix" pour une cellule communiste. Quelques-uns de ces groupes se réunirent à Ste-Famille, paroisse voisine. Le prêtre et un étudiant étaient assistés tous deux par le prêtre de la paroisse. L'auteur de ces lignes assista une seule fois à une réunion, et fut prié de ne pas revenir. En discutant avec certains de ceux qui y retournèrent, il comprit qu'ils étaient tous d'accord pour affirmer que ces réunions avaient un but, celui de créer le doute et la confusion. La paroisse "Marie, Reine du Monde" est à présent déchirée par des dissensions; l'église a été brûlée et le nouveau bâtiment sera un Centre communautaire catholique romain. L'auditorium servira à la fois de salle de gymnastique, de salle publique et de chapelle. Des officiels qui ont visité le gymnase de St-François se trouvant dans la même paroisse, n'ont point vu de crucifix dans la salle principale; par contre, ils y ont vu un troublant portrait du communiste nord-vietnamien Hoh Chi Minh.
De la foi à l'anarchie
Il y a des signes certains selon lesquels plusieurs membres du clergé du Québec sont prêts à soutenir la cause communiste. A la suite de la révélation publiée par le Manifeste communiste du Québec concernant "l’assistance" accordée par les Dominicains, des efforts ont été faits pour arrêter la diffusion de leur revue "Maintenant" et les raisons avancées étaient d'ordre financier. Cependant l'éditeur, le Rév. Vincent Harvey, a dit à la presse vouloir accepter ces raisons tout en étant convaincu qu'elles n'étaient pas les principales. "Quant à moi, continua-t-il, c'est un essai de supprimer un magazine qui a pris une position progressiste suivie pour un mouvement de renouveau dans l'Eglise." (Montreal Star, 4 mars 1969) Il aurait pu être plus explicite. Le journal en question donne ouvertement son soutien au mouvement séparatiste de gauche de René Levesque qui a pour nom "Parti québécois."' A cause de ce soutien positif, le magazine parait encore.
Le Rév. Marcel Dubois de la Commission liturgique du diocèse catholique dit: "Le groupe des jeunes de 17 à 25 ans est aliéné de l'Eglise dans sa grande majorité et c'est la foi dans le Québec qui est leur nouvelle religion." (Montréal Star, 1er mars 1968) "Le plus sérieux problème de notre nation est l'abandon de la foi. Lorsque les hommes perdent Dieu, ils se tournent vers l’Etat. Les collectivistes, les anarchistes et les athées sont obligés de détruire la foi pour pouvoir s'emparer du monde." Ces mots prononcés par Thomas J. Anderson, éditeur associé de l'Opinion américaine, en déc. 1968, décrivent exactement le problème de la disparition de la foi au Québec en rapport avec la courbe ascendante des émeutes, des désordres et de l'anarchie.
Violente révolution chez les prêtres
Les catholiques romains et les communistes se liguent maintenant pour une action ouverte à travers le monde libre. En voici un exemple typique chez un prêtre colombien, le Rév. Camillo Torres qui a rejoint les guérilleros marxistes en 1968, et qui a été tué récemment. Des étudiants catholiques sont en train de former des cellules "Camillo Torres." Les chefs catholiques du Nord et du Sud de l'Amérique songent à prendre "Camillo Torres" pour thème de leur réunion de cette année. Trois prêtres américains "Maryknoll" et une nonne furent expulsés du Guatemala au début de l'an passé parce qu'ils travaillaient avec les guérilleros du Guatemala et projetaient de créer un "Front de guérilla chrétienne." "Le dialogue, chrétien-marxiste débute sur un plan humain" dit le directeur de l'institut de développement social colombien, Gustav Perez Ramirez. "Cela commence avec la pensée qu'il faut changer les structures. Ils peuvent être en désaccord sur beaucoup de points, mais ils ont tous le même but. Le sens communautaire des chrétiens se rapproche beaucoup de celui du marxisme." (Toronto Daily Star, 4 mai 1968)
La violence de ceux de gauche est en train de se propager rapidement parmi le clergé catholique romain. Quatre prêtres et une nonne furent arrêtés récemment à Washington; en protestant contre la guerre au Vietnam, ils ont montré ce qu'ils ont dit être du sang humain se trouvant dans les laboratoires de la "Dow chemical company." Ils affirmaient, dans un discours bien préparé, qu'ils protestaient contre le refus de Dow d'accepter la responsabilité d'un programme de destruction de vie humaine. (Toronto Telegram, 25 mars 1969) Mgr. Ivan Illiche, jésuite du diocèse de New-York, est passé maître dans l'art d'endoctriner les prêtres et les nonnes dans des concepts révolutionnaires. Son centre pour la documentation interculturelle, fondé à Mexico en 1961, est devenu un transit pour les spécialistes en révolutions. L'un de ses conférenciers est l'évêque de Cuernavaca, le très Rév. Sergio Mendez Arceo. Un ordre venu du Vatican, interdisant aux prêtres catholiques de participer aux activités de ce centre, a été refoulé. C'est le journal "American Opinion" qui rapporte ce fait en avril 1969. L'un des plus puissants défenseurs de Mgr. Illich est le Rév. Joseph Fitzpatrick, président du Dépt. des Sciences sociales de l'Université de Fordham. En janvier 1969, lors de la réunion à New-York de l'évêque des Etats-Unis pour le comité de l'Amérique latine en vue du programme de coopération inter-américaine, Fitzpatrick déclara qu'il approuvait Illich, cela en dépit de la décision du Vatican. Cette déclaration fut soutenue par Mgr. Robert Fox, coordinateur des affaires espagnoles du diocèse de New-York. Lors de cette même réunion de New-York, le Rév. Helder Pessao Camara, celui qu'on appelle fréquemment l'Archevêque Rouge, de Recife au Brésil, fut l'acteur le plus brillant. Camara a fait sensation lorsqu'il a dénoncé le blocus des Etats-Unis sur le pays communiste de Cuba et a été vigoureusement applaudi par les 700 personnes présentes.
Le Québec reçoit des hôtes communistes
Montréal, au Québec, a reçu en novembre 1968, les représentants de la Conférence hémisphérique communiste qui avait été préparée pendant trois ans. Y prirent part des terroristes autant que des dignitaires communistes venant de tout l'hémisphère occidental et de l'Extrême Orient. Parmi eux se trouvait le Comité de Défense 14, de Milwaukee, un groupe marxiste fondé en septembre dernier après l'arrestation de cinq prêtres catholiques. Avec d'autres révolutionnaires, ils avaient volé 10.000 dossiers de l'armée américaine et les avaient brûlés publiquement. Leur journal, le "Catholique radical," publication marxiste, exaltait les activités de gauche de l'Eglise de St. Boniface dirigées par le Rév. James Groppi. Ce dernier, chef national du Mouvement catholique radical de gauche, était le chef spirituel des révolutionnaires du Milwaukee à Montréal. Il avait été invité par le comité initiateur de Montréal comme orateur-visiteur à la conférence du Vietkong. (American Opi­nion, février 1969)
Le Québec catholique romain savait parfaitement qui venait et ce qui allait arriver. Cependant, les autorités civiles et religieuses trouvèrent assez de points communs avec le communisme international pour braver l'éventuelle opposition de l'opinion publique et faire rester leur hôte à cette conférence à laquelle prenaient part 800 Canadiens, 900 Américains et des délégués de divers autres pays. Les réunions Rouges se tinrent dans d'étranges locaux. Les deux premiers jours se passèrent dans l'Eglise Unie de St. Jacques, membre du Concile mondial des Eglises. Ce choix était approprié, car le rapport de l'Eglise unie du Canada de 1964 sur le communisme et le christianisme disait que "tous les chrétiens devraient accepter certaines pensées primordiales du marxisme-léninisme . . ." L'automne dernier, cette même Eglise distribua une affiche venant de la Chine dont les slogans de la Garde Rouge enseignaient aux Ecoles du dimanche que la rébellion est un devoir sacré et que la violence politique n'est pas un crime. De l'autre côté de l'affiche on pouvait voir un immense portrait de Mao Tsé Tung et un autre, petit, de Pierre E. Trudeau juste en dessous de la déclaration de Mao disant que la puissance politique est en relation avec la poudre à canon. L'Eglise Unie du Canada, autrefois Eglise protestante, a abandonné son enseignement fondamental chrétien et ne peut plus, valablement, porter le nom d'Eglise chrétienne.

Les deux derniers jours de la Conférence se passèrent dans un environnement catholique romain. A côté de l'Externat classique de Longueuil se trouvaient une église de l'Ordre franciscain et le monastère. L'immense auditorium et les salles de classe touchaient ces deux bâtiments et s'étendaient jusqu'à l'arrière. Durant deux jours, ces divers bâtiments furent remplis de cris de haine et de vengeance, de discours en faveur d'une révolution sanglante, blâmant le monde libre, le tout encouragé par une foule fanatisée par les chefs communistes. Dans une harangue finale, Bobbie Sealle, président du parti de la Panthère Noire, dit méchamment: "Chacun fait partie de l'une ou de l'autre catégorie: ou bien, vous faites partie du problème ou de la solution. Si vous faites partie de la solution, vous devez vous emparer d'un fusil et vous barricader en tuant si nécessaire. Et si vous faites partie du problème, cela signifie que vous êtes de l'autre côté du fusil; il n'y a pas de situation intermédiaire. Nous voulons procéder de manière à éliminer les problèmes," (American Opinion, mars 1969)

La finale dramatique

La révolution est presque couramment admise au sein de l’Église catholique romaine. La libéralisation a déplacé ou neutralisé l’opposition antérieure de l’Église au communisme.  Ce dernier a réussi une pénétration presque totale dans la structure et la vie de l’Église.  Le monde ne devra donc pas être surpris d’apprendre qu’un concordat entre l’Église et le communisme nous menace et soit même imminent.  Une future alliance n’étonnera pas celui qui a étudié l’histoire du pape et de son pouvoir temporel.  Bien que manifestant tout d’abord de l’opposition, Rome n’a jamais cessé de changer sa tactique afin de parvenir en fin de compte à s’harmoniser avec les gouvernements, qu’ils aient un caractère démocratique, bureaucratique ou dictatorial.  Et cette alliance future ne doit pas non plus surprendre celui qui étudie les Saintes Écritures. 
  L’apôtre Jean nous décrit une vision qu’il a eue il y a 19 siècles, dans Apocalypse chap.17 et 18.  Il décrit précisément un système politico-religieux qui s’est peu à peu déroulé et vu confirmé par l’histoire papale séculaire des siècles passés.  Le monde actuel se trouve dans la situation dramatique prédite à la fin de ce livre de la Bible
L’apôtre a vu une femme représentant une extraordinaire organisation, et il lui fut dit qu’elle symbolisait une grande secte religieuse et riche car « elle était vêtue de pourpre et d’écarlate et parée d’or, de pierres précieuses et de perles. » (Apo.17 : 4)  Elle avait un caractère universel puisqu’elle était « Assise sur des peuples, des foules, des nations et des langues. » (Apo.17 : 15) Elle était faite d’or, d’argent, de pierres précieuses, de perles, de fin lin, de pourpre, de soie, d’écarlate, de toute espèce de bois de senteur, d’objet d’ivoire, d’objet en bois très précieux, en airain, en fer, en marbre, en cinnamome, d’aromates, de parfums,  de myrrhe, d’encens, de vin, d’huile, de fine farine … (Apo.18 : 12-13).  Elle brillait par ses lampes et on y entendait les voix de l’époux et de l’épouse.  Elle se procurait des revenus en faisant du commerce avec des corps et des âmes d’hommes (Apo.18) et il fut dit à Jean que cette femme « c’est la grande ville qui a la royauté sur les rois de la terre » (Apo.17 : 18).  La cité même était situé sur sept collines (Apo.17 : 9).

Est-ce Rome ?

Au cours des siècles, l’Église romaine « s’est glorifiée et plongée dans le luxe » et « les marchants de la terre se sont enrichis par la puissance de son luxe » (Apo. 18).  Cette femme « vêtue de pourpre et d’écarlate », symbole d’un empire universel, politique, religieux et riche ne serait-elle pas en réalité cette Église même, cette seule Église qui se vante de posséder toutes ces caractéristiques ?  L’Église catholique romaine ne serait-elle pas véritablement cette « femme parée d’or et de pierres précieuses ? »  La ressemblance entre cette femme de l’Apocalypse et l’Église de Rome ne permet pas d’autre choix. Tout essai d’effacer cette ressemblance dans la vision décrite est déjoué par la présence accusatrice de l’Église romaine.  Tout transfert de l’application de cette vision à d’autres communautés est rendu impossible par le terrible silence de l’histoire catholique et de l’histoire tout court.  Il n’y en a point eu d’autre, et il n’y en aura point d’autre, car nous sommes arrivés à la fin des temps.
Bien que chaque affirmation de la vision de Jean détermine d’une façon particulière cette identification, l’Esprit de Dieu donne une parole de prophétie encore plus certaine lorsqu’il dit : « Je vis cette femme ivre du sang des saints et du sang des témoins de Jésus » (Apo.17 : 6).  Ce passage se rapporte à l’Église de Rome et à elle seule.  L’imagination la plus excentrique ne peut fournir aucun autre choix.  Les millions de martyrs des siècles passés aussi bien que les savants contemporains ont dénommé l’Église romaine comme seule responsable.  Les détails de ses atrocités sont consignés dans ses propres livres avec l’approbation de ses propres papes et princes.  Est-il une seule personne qui n’ait pas frémi à la lecture des récits de la « Sainte Inquisition romaine » ?  Ces faits ont été approuvés et enseignés dans les écoles catholiques du Québec il y a dix ans encore. Les massacres humains et la torture sont décrits par les propres mots de l’Église et se trouvent consignés dans son propre Concile de Trente, ce dernier étant le texte de base de la foi et des pratiques de l’Église romaine.  Ses propres annotations dans sa propre version de la Bible l’identifient comme étant « la femme chez qui on a trouvé le sang des prophètes et des saints » (Apo.18 : 24).

Imitation du Christianisme

Dans la vision de Jean, l’ange parla à la prostituée et dit : « Toutes les nations ont été séduites par tes enchantements » (Apo.18 : 23).  L’Église romaine a véritablement trompé le monde par son imitation du vrai christianisme et qui a été acclamé partout, et « les rois de la terre se sont enivrés du vin de son impudicité » (Apo.17 : 2).  Elle a été la pseudo église de tous les siècles, et ses constantes falsifications « une coupe d’or remplie des impuretés de sa prostitution » imposées à force de menaces d’anathème.  Maintenant les choses ont changé et le masque est enlevé, puisque même des catholiques romains admettent que la traîtrise et la tromperie leur ont été dispensées à eux et à l’humanité.
Quelques 700 catholiques, ouvriers, techniciens, professeurs ou prêtres ont écrit à Paul VI : « Lorsque vous voyagez, vous n’êtes pas reçu comme un prêtre, mais comme un souverain auquel des soldats présentent les armes ; vos nonces portent le titre d’ambassadeurs tels des représentants d’une « puissance étrangère » et sont envoyés pour discuter avec des « ministres étrangers ». Essayez pour un instant de sortir de l’atmosphère dans laquelle vous vivez et demandez-vous : « Jésus parlait-il bien de cela lorsqu’Il affirmait « Mon royaume n’est pas de ce monde » ? (Jean 18 : 36).  Nonobstant le génie dont ont fait preuve Bramante et Michel-Ange, la basilique de St-Pierre à Rome est le symbole de l’orgueil ecclésiastique.  Elle nous rappelle la honteuse vente des indulgence et la façon dont les papes édifiaient des monuments pendant que les membres de l’Église se déchiraient les uns les autres.  Nous ne savons pas quand cette basilique sera détruite, mais en dépit de sa beauté, nous ne verserons pas de larmes car elle nous a fait trop souffrir (Le monde, 6 déc.1968).  Ces mots mêmes sortant de la bouche de catholiques romains nous font comprendre qu’une partie de la vision de Jean n’est pas encore réalisée.

Destruction finale

La femme de l’Apocalypse est décrite comme étant « la prostituée avec laquelle les rois de la terre se sont livrés à l’impudicité » et en ce moment elle va bientôt mettre le point final à ses adultères politiques.  L’Église romaine est à présent en train de courtiser le Communisme international y étant contrainte par sa situation désespérée.  Dans un proche avenir, ses propositions seront acceptées et elle s’agenouillera comme elle l’a fait déjà tant de fois.  Le dernier acte de son drame sera celui d’une terreur abjecte tandis qu’elle se livrera dans le vain espoir d’apaiser son bourreau.  Cependant l’apôtre a écrit : « Les eaux que tu as vues sur lesquelles la prostituée est assise, ce sont des peuples, des nations et des langues…  Les dix cornes et la bête haïront la prostituée, la dépouilleront, la mettront à nu, mangeront ses chairs et la consumeront par le feu » (Apo.17 : 15-17).
L’Apocalypse de Jean est une portion prophétique de la Bible, la Parole infaillible de Dieu.  Un jour arrivera où le communisme international, royaume universel et politique de la fin et dont parle le prophète Daniel, se retournera contre la prostituée.  L’Église romaine est destinée à être détruite par la puissance même qu’elle est en train de courtiser : « À cause de cela, en un même jour, ses fléaux arriveront, la mort, le deuil et la famine, et elle sera consumée par le feu.  Car il est puissant, le Seigneur Dieu qui l’a jugée.  Et tous les rois de la terre qui se sont livrés avec elle à l’impudicité et au luxe, pleureront et se lamenteront quand ils verront la fumée de son embrasement.  Se tenant éloignés, dans la crainte de son tourment, ils diront : Malheur, malheur !  La  grande  ville,  Babylone,   la  ville  puissante,   en  une  seule  heure  est  venu   ton  jugement !
 (Apo.18 : 8-10)

La vraie Église de Christ

            Il reste une partie de la vision de Jean à commenter : elle est adressée à ceux qui reste encore dans l’Église romaine. L’apôtre a écrit : « Et j’entendis du ciel une voix disant : Sortez du milieu d’elle, mon peuple, afin que vous ne participiez point à ses péchés et que vous n’ayez point part à ses fléaux.  Car ses péchés se sont accumuler jusqu’au ciel et Dieu s’est souvenu de ses iniquités » (Apo.18 : 4-5).  Dieu comprend l’angoisse et la douleur de ceux qui obéisse à Son appel à Lui et qui se séparent d’une telle Église.  Ceux qui réaliseront que l’Église romaine n’est pas la vraie Église seront horrifiés, désespérés, éprouveront du remords et quelques uns, dans l’amertume de leur cœur, se tourneront même contre Dieu.  Mais les courageux, les sincères et les nobles de caractère réagiront différemment.  Ils rechercheront la vérité et pour eux Christ a fait cette promesse : « Ils connaîtront la vérité et la vérité les affranchira » (Jean 8 : 32). 
            Notre Sauveur a déclaré : « tu es Pierre, et sur ce roc je bâtirai mon Église, et les portes de l’enfer ne prévaudront point contre elle » (Matt.16 : 18).  La vraie Église, bâtie sur le roc qui est Jésus-Christ lui-même, existe aujourd’hui dans le monde. Elle a été persécutée et méprisée au long des siècles, mais c’est Christ qui l’a bâtie et par conséquent, l’enfer ne prévaudra pas contre elle.  Ses membres ont été sanctifiés par le sang de Christ et ils se distinguent par leur obéissance et leur amour de la Bible, Parole de Dieu.  La foi en Christ les a soutenus pendant leurs tribulations et leurs vies sont caractérisées par leurs bonnes œuvres.  Ils se retrouvent dans des Églises croyant à la Bible entière, et sont séparés de celles qui font partie du conseil mondial des églises et de l’Église romaine.

Leur sanctification

            Dieu a décrété que le pécheur doit être purifié par l’effusion et l’application du sang.  Ceci commence au jardin d’Eden et trouve son développement parfait à la croix du Calvaire.
            Quand Adam et Ève eurent péché, Dieu pourvut à un pardon temporaire par le sang d’un animal innocent (Gen.3 : 21). Lorsque leurs deux fils présentèrent des offrandes, le Seigneur accepta le sacrifice sanglant d’Abel, mais il rejeta l’offrande de fruits de Caïn.  Plus tard, le déluge survint.  La première action de Noé après être sorti de l’arche fut d’offrir, pour ses péchés et ceux de sa famille, le sang d’animaux préservés dans l’arche (Gen.8 : 20).
            Des siècles plus tard, Moïse conduisit le peuple d’Israël hors d’Égypte.  Tout d’abord, Pharaon refusa de le laisser aller et conséquemment Dieu punit cette nation par dix grandes plaies.  La mort du premier-né dans chaque famille en fut la dernière. Cependant, un moyen d’échapper à cette condamnation fut offert au peuple.  On lui dit d’asperger les linteaux des portes de chaque maison avec le sang d’un agneau.  Dieu dit par la bouche de Moïse : « Le sang vous servira de signe sur les maison où vous serez ; je verrai le sang et je passerai par-dessus vous, et il n’y aura point de plaie qui vous détruise » (Ex.12 : 13).
            Plus tard, Dieu expliqua à Moïse pourquoi le sang pouvait purifier du péché : « Car l’âme de la chair est dans le sang. Je vous l’ai donné sur l’autel, afin qu’il servit d’expiation pour vos âmes, car c’est par l’âme que le sang fait l’expiation » (Lév.17 : 11).  L’expiation par le sang d’animaux fut pratiquée jusqu’à la venue de Christ.  Dieu ne demandait pas d’autres sacrifices pour le péché, et il n’en acceptait aucun autre.

Expiation par le sang dans le Nouveau Testament

            Les sacrifices sanglants de l’Ancien Testament étaient temporaires et ils préparèrent le chemin pour la venue du sacrifice unique.  C’était Jésus-Christ, l’Agneau parfait de Dieu.  Quand Jean  Baptiste  le  vit,   il  s’écria  :  «  Voici  l’Agneau de  Dieu   qui  ôte  le  péché  du  monde  » (Jean 1 : 29).  Jésus lui-même dit à son Père : « Tu n’as voulu ni sacrifice ni offrande, mais tu m’as formé un corps » (Héb.10 : 5).
            Dans ce corps saint se trouvait le sang destiné à purifier le pécheur de toute iniquité.  L’apôtre a écrit : « … et sans effusion de sang il n’y a pas de pardon » (Héb.9 : 22).  La messe qui est un sacrifice renouvelé non sanglant n’a aucune valeur.  L’Agneau parfait de Dieu a répandu son sang pour les péchés de l’humanité et c’est pourquoi il a pu s’écrier à sa mort : « Tout est accompli »    (Jean 19 : 30).  L’apôtre appliqua cette merveilleuse vérité lorsqu’il écrivit à l’Église :   « Quand  le pardon  du  péché  est  acquis,  il  n’y  a  plus  d’offrande  pour  le  péché » (Héb.10 : 18).

Croyez-vous ?

Cher lecteur, croyez-vous que le prix du pardon de vos péchés a été payé ?  S’il en est ainsi vous ne croirez plus à des moyens inventés par les hommes, tels que les indulgences, la pénitence ou une place imaginaire pour l’expiation des péchés après la mort.  Vous comprendrez pourquoi la messe, la soi-disant offrande de Christ dans un sacrifice non sanglant, ne peut jamais enlever le péché.  Vous ne chercherez plus à effacer vos péchés ni à vous racheter par vous-même.  Vous vous détournerez de vos propres efforts personnels pour effacer vos iniquités et vous placerez votre foi unique ment dans le Seigneur Jésus-Christ et dans son sang répandu.
            En recevant le sang de Jésus-Christ par la foi, vous accepterez du même coup le seul plan de Dieu pour le salut.  La Bible dit des pécheurs : « Ils sont gratuitement justifiés par sa grâce, par le moyen de la rédemption qui est en Jésus-Christ. C’est lui que Dieu a destiné, PAR SON SANG, à être POUR CEUX QUI CROIRAIENT victime propitiatoire » (Rom.3 : 24- 25).

Louange pour son sang

            Dieu purifie et déclare le pécheur justifié au moment ou il place sa confiance en Jésus-Christ et dans le sang répandu au Calvaire.  À celui qui fait cela, l’apôtre Paul dit : « Maintenant que nous sommes justifié par son sang, (nous) serons sauvés par lui de la colère » (Rom.5 : 9).
            La Parole de Dieu vous invite, et même elle vous engage à recevoir la purification de vos péchés par la foi dans le sang du Sauveur.  Elle dit : « Comment pourrions-nous échapper, s’il nous arrivait de négliger pareil moyen de salut ? (Héb.2 : 3). 
            Si vous acceptez, alors vous vous réjouirez avec l’apôtre qui dit aux croyants : « Le sang de Jésus son Fils nous purifie de tout péché » (1 Jean 1 : 7).  Vous louerez l’Agneau de Dieu pendant toute l’éternité en chantant : « À celui qui nous aime, qui nous a délivré de nos péchés par son sang, à lui soit la gloire et la puissance, aux siècles des siècles, amen » (Apo.1 : 5-6).
            Une vision de l’Église fut révélée à Jean et l’Esprit de Dieu l’inspira d’écrire : « Après cela je vit paraître une foule immense que nul ne pouvait dénombrer, de toutes nations, tribus, peuples et langues.  Ils se tenaient debout devant le trône et devant l’Agneau, vêtus de robes blanches… » (Apo.7 : 9). À la question :  « Ceux qui sont vêtus de robes blanches, qui sont-ils et d’où viennent-ils ? » Cette réponse fut donné, « Ce sont ceux qui viennent de la grande tribulation.      Ils  ont  lavé  leurs robes  et   ils  les  ont  blanchies  dans  le  sang  de  l’Agneau »  (Apo.7 : 14).  À l’Agneau de Dieu, le Seigneur Jésus-Christ, soit la gloire, l’honneur et la puissance à jamais.
Wilson Ewin
  
Préface
Qu’est-ce qui arrive à notre Église ? Cette question, de nombreux cardinaux, évêques et catholiques romains se la posent.  La réponse honnête et franche n’est certes pas pour les craintifs et ceux qui ont des conceptions arrêtées.  Elle est pour des personnes sincères qui, dans ces jours de détresse, recherchent la vérité sans idée préconçue.  Le lecteur de cette brochure constatera que le bouleversement qui menace l’âme même de l’Église catholique, n’est simplement que l’accomplissement des prophéties contenues dans les Saintes Écritures.  Ceci prouve que la Bible est réellement inspirée de Dieu et a été donnée aux hommes par Dieu, le Souverain de toutes choses.  Nous désirons de tout cœur que ces pages amènent toute personne à connaître, à croire et à suivre l’unique source de la vérité, la Bible.
RÉVOLUTION CATHOLIQUE
Et Destinée du Vatican
  
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